C'est gros, c'est lourd, c'est... le .44 AUTOMAG
Modèle assez peu répandu et méconnu, le .44 Automag est proposé par Marushin, chambré en 8 mm et existe en une demi-douzaine de variantes. En deux couleurs, pour commencer, noir et argent, standard ou poids lourd, avec recul ou sans. Le modèle qui va se faire décortiquer sous vos yeux ébahis de jeunes enfants émerveillés par la beauté des trucs est une version poids lourd, noire et à culasse mobile. Voilà pour les présentations.
Ceux qu'une digression sur les performances de la vraie ferraille à faire de vrais trous dans de vrais quartiers de vraie viande (but premier d'un lance-trous portable, est-il besoin de le rappeler ?) devront en faire leur deuil et se contenter de cette info : l'AMT automag existe en deux calibres, le .44 automag et le .357 magnum. Fin de l'aparté.
Assez peu répandu disais-je, et pour cause, les originaux sont assez rares eux aussi, on ne voit le .44 automag que dans peu de films, deux à ma connaissance (les cinéphiles me corrigeront si j'en oublie) : "suden impact" et "le flic de Beverly Hills 2", pas de quoi monter un groupe sur FA donc.
Historique de l'engin : il s'agit d'une occasion achetée sans boite, donc pour sa revue de bétail, vous repasserez (notez c'est pas plus mal, je ne suis pas collectionneur d'emballage). De l'aveu de son précédent propriétaire il a peu vu le terrain et assez peu tiré également. L'état du lanceur à l'arrivée confirmait ses dires. 
Comme vous pouvez le constater, y a de la bête. L'engin accuse 34 cm de long pour un poids évalué à 600 g, sans le chargeur. Ca commence à causer et tout de suite se pose une question avec pertinence et rondeur : trouver un holster pour le trimballer. Parce que dans le genre encombrant il relègue le Desert Eagle au rang de pistolet pour dames (toute misogynie et sexisme mis à part).
En dehors de cela, qu'avons-nous ?
marque : MARUSHN
fonctionnement : gaz blow back
capacité : 10 billes (le vrai en emporte 7)
calibre : 8 mm
puissance : 0.6 j , ce qui le situe largement en deça des limitations de puissance admises (une AEG sort une joule réglementaire). Mesure effectuée avec du gaz été. Avec de l'ultrair, il monterait à 375 fps, d'après ce que j'ai trouvé sur le net. Cette dernière information est à prendre avec circonspection.
poids : 1.185 kg avec chargeur (données fabricant).
hop up : réglable (j'y reviendrai).
L'engin est en ABS en dehors de quelques pièces qui sont en métal. A savoir la queue de détente (oui et la gâchette également), le marteau, la culasse, le canon interne et la carcasse du hop up. Le reste est en ABS donc.
Visuellement il est assez réussi, les marquages sont là, presque respectueux* de l'original et j'apprécie l'amorce des rayures à la bouche du canon. C'est le genre de détail qui me plaît. Pour en revenir aux marquages, sur le flanc gauche devant le canon, nous trouvons le logo de la firme AMT, le nom de la bête (AUTO MAG, essayez de suivre un peu), le calibre et la série (280 pour la version .44, sachant que la version .357 porte le numéro 380, absent du catalogue Marushin par ailleurs).
*A ce sujet, il devrait porter le numéro 180, puisqu'il s'agit du modèle à canon standard muni d'une bande ventilée, alors que le numéro 280 correspond au modèle à canon long sans bande ventilée.
Le flanc droit quant à lui nous apprend qu'il s'agit d'un produit marushin, rien de bien surprenant en soi. Et c'est tout. Ceux qui se relèvent la nuit pour inspecter les marquages de leurs lanceurs seront déçus. D'un autre côté s'ils veulent lutter contre l'insomnie, je leur recommande "la comédie humaine" de Balzac, c'est plus adapté.
Concernant la prise en main, je plagierai Audiard en disant que la vérité m'oblige à reconnaître que c'est plutôt une pétoire d'homme. Faut quand même de bons battoirs pour le manier, même si l'équilibre est plutôt bon. Ce que la longueur de canon ne laissait pas supposer à première vue.
Au tir, c'est un vrai bonheur, le départ est franc, le recul présent quoiqu'un peu faiblard, mais ne boudons pas notre plaisir. Cette section sera éditée au fur et à mesure de son utilisation en partie. 
Le démontage se fait grâce à une clef intégrée à la carcasse, une fois manipulée, elle permet de désolidariser le canon du reste du monstre, donnant accès à la mécanique et au hop up. Et oui amis lecteurs il faut démonter le bestiaud pour régler le hop up. 
Et c'est là que les emmerdements commencent. La vis de réglage (à six pans) est située sous le bloc du hop up. Y a pas c'est d'un pratique... de plus, surprise désagréable au possible, il n'y a aucun repère de réglage, c'est donc en braille que l'on travaille. Merveilleux. Et ça continue : vu qu'il n'y a aucune butée, on peut donc serrer le hop up jusqu'à bloquer la bille à l'entrée du canon et donc s'offrir un superbe dégazage. A l'inverse on peut desserrer la vis de telle sorte qu'elle ne reste plus en place que grâce à un demi filet ce qui offre la fascinante possibilité de se retrouver au bout du premier tir avec une vis mobile qui se ballade dans la carcasse, ajoutant aux joies du tir devenu aléatoire un maraca improvisé du plus bel effet.
Au terme d'heures de réglages approximatifs et empiriques au possible, il semblerait que le hop up dans sa position d'origine (autrement dit au minimum) convienne pour de la bille à 0.34 g. A vérifier dans le temps.
Une conclusion s'impose tout de même : c'est merdico merdique. Grosse déception sur ce point.
Une autre déception m'attendait quelques jours plus tard. En dépit de la qualité des photos, vous avez pu constater que le bloc du hop up sert également à maintenir le canon en place, vu que c'est sur le bloc hop up que s'encastre la clef de démontage. Or le canon externe est fixé au bloc hop up par le biais d'une petite vis traversante, laquelle traverse (c'est comme ça, n'insistez pas) un tenon d'ABS. Et un beau matin, ce qui devait arriver arriva : le tenon a cassé à ras du bloc hop up. Funérailles !
En armant le bestiaud, j'ai eu la surprise de voir le canon avancer en même temps que la culasse reprenait sa position d'origine. De même le canon tombait lorsque j'inclinais le lanceur. Gênant. Limite agaçant comme incident.
Après réparation, l'automag fonctionne bien et le canon reste en place, mais ce problème révèle un défaut de conception qui ne plaide pas en la faveur du fabricant. A la réflexion, c'était assez prévisible.
Conclusion : comme dit dans le titre, c'est gros, c'est lourd, c'est noir, c'est bien.
Les + :
Les - :
Dans l'ensemble, je suis plutôt satisfait de mon achat qui complétera harmonieusement mon Raging Bull. C'est sûr que comme back up, ce n'est pas ce qu'il y a de plus adapté.
PS : le Desert Eagle, c'est vraiment une pétoire de gamins...
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